Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Police Politique

Publicité
22 août 2011

La guerre de Lybie est-elle une guerre pour la démocratie?

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse. 

 

A- Les vraies raisons de la guerre en Libye

 

1. Premier satellite Africain RASCOM 1

 

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient  disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.  L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant  des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions  et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les  milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2. Fond Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements

 

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne  et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare :

- la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye,

- la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège,

- la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA. Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes,  La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.  Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage,«l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »

 

3. Unions régionales comme frein à la création des Etats Unis d'Afrique

 

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.


4. Kadhafi, l'Africain qui a permis de laver l'humiliation de l'Apartheid

 

Kadhafi est dans le coeur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux  pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid.

C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour  Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour  rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela.  Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi


B- Ceux qui veulent exporter la démocratie sont-ils des démocrates?


Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat-Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie. La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation  ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas.  Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations-Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social »que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais».  Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

 

1°) Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Libye  qui répond le mieux  aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne, des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote à cote pendant 20 ans.  Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaître ses membres.  On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger.  Se connaître et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

 

2°) Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter  que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naître naturellement.  Les Occidentaux se définissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

 

3°) L’égalité dans les rangs et dans les fortunes.   Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

 

4°) PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide, les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties, est-il plus criant en Libye ou en Occident ? Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme  « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc... Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ?  Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale  dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB. La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : «  Malo periculosam libertatem quam quietum servitium  -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

 

C- Quelles leçons pour l'Afrique?

 

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord  serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun. C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème. L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien. Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts. Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder  le peuple africain. Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité.

Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

 

Dr KONG Sakeo

Publicité
15 août 2011

Hizb ut-Tahrir : Article publié sur Wikipédia

Le Hizb ut–Tahrir Tunisie n'est qu'une branche du Hizb Ut-Tahrir central.

Histoire

Hizb Ut-Tahrir Tunisie (حزب التحرير تونس) est un parti politique fondé en Tunisie 1973 à Tunis et a déclaré son existence en 1983 par voie de Manachir (circulaire) dans les mosquées et lieux de prière.

Le parti a fait un dépôt de dossier au ministère de l’intérieur le 4 février 2011 mais cette demande a été rejetée le 12 Mars 2011 pour « infraction aux dispositions de la loi organique n°32 du 3 Mai 1988 relative aux partis politiques » explique le ministre de l’intérieur dans un communiqué diffusé par l’agence officielle TAP. Aussi, selon la constitution Tunisienne de 1959 et notamment la règle de l’article 8 : Un parti politique ne peut s’appuyer fondamentalement dans ses principes, objectifs, activité ou programmes, sur une religion, une langue, une race, un sexe ou une région, il doit en outre s’engager à bannir toute forme de violence, de fanatisme et de discrimination ». L’avis de porte parole de ce parti Ridha Belhaj a contesté cette décision : « cette décision est injuste surtout que le refus s’est fait sur la base d’une loi qui n'est plus valable après la suspension de la constitution et cette décision et purement politique » affirme Ridha Belhadj dans un communiqué fait le 12 Mars (le même jour du refus de visa).

Membre Du bureau exécutif

Président : Abdel Majid Habibi

Porte Parole : Ridha Belhadj

Autres membres du bureau : Kamel Gasmi, Abd Raouf Amani, Nabil Manai, Foued Azouz

Contexte

Le parti était comme une réponse à la désorientation des Tunisiens de la voie de L’Islam.

Evénements historiques

Aout 1983: Le parti dés sa création a réussi à recruter des militaires Haut gradés de l’armée Tunisienne mais en 1983 ces membres au nombre de 30 militaires sont déférés devant la justice militaire en Aout 1983 et ils ont eu 8 ans de prison chacun, vouloir changer le régime de l’Etat comme accusation.

Mars 1990 inculpé avec la direction islamique.

Mars 2007 et juin 2009 : Inculpation d’appartenir au Jaich Assad Ibn Al Fourat ( Al-Qaida au Maghreb islamique).

Parmi ces procès on trouve :

- Incitation des gens à s’entretuer et à provoquer le désordre et le meurtre sur le terrain tunisien.

- Recrutement et entrainement d’un groupe de personnes dans le cadre d’une entreprise terroriste.

- Appartenance à une organisation qui fait du terrorisme un moyen pour réaliser ses desseins.

Projet Politique

Le parti n’a pas encore un projet politique spécifique pour la Tunisie, mais lors d’un communiqué de presse fait le Jeudi 12 Mars 2011 Ridha Belhaj le porte parole du parti affirme que « le parti compte se présenter dans les élections de la constituante de 24 Juillet prochain soulignant que la participation aura pour objectif de présenter le parti et d’exprimer ses opinions » çad pas comme un législateur parce que pour eux le seul législateur c’est Allah , aussi cette participation a pour objectif l’obligation de rendre des comptes et faisant observer que la démocratie est une question factice qui ne doit pas susciter l’attention et aussi « qu’une fois arrivés au pouvoir, nous allons interdire tous les autres partis » affirme Habibi le president du parti.

Notes et références[modifier]

Le parti Ettahrir: le Califat est le régime le plus approprié à la Tunisie.

Tunisie: Hizb Ettahrir toutes voiles dehors : Kapitalis.

Al Badile extrait de l'article du journal le Quotidien

Hizb ut-Tahrir Grande Bretagne article sur son homologue Tunisien.

Le site officiel du Hizb ut-Tahrir

22 mai 2011

Concert anti-G8: 3 jeunes arrêtés

Trois jeunes soupçonnés d'avoir participé à des incidents après le concert du "Contre G8" altermondialiste du Havre hier soir ont été interpellés et placés en garde à vue ce matin, indique une source proche de l'enquête.

L'un d'eux est soupçonné d'avoir lancé des cailloux en direction de policiers et les autres d'avoir cassé la vitrine d'une banque, après le concert qui s'est achevé vers 02h00 dans la nuit de samedi à dimanche. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat du Havre. 

Le collectif organisateur de ce "Contre G8" qui s'est achevé dimanche par des forums a confirmé ces interpellations. "Ce sont des gestes idiots mais il faut relativiser et il ne faudrait pas que la police se venge parce que les prédictions apocalyptiques qu'elle faisait avant ce Contre G8 ne se sont pas réalisées", a affirmé Christian Pigeon, un responsable de Solidaires.

La police continuait par ailleurs d'enquêter sur les brefs incidents qui se sont produits à la fin de la manifestation d'hier qui a réuni quelques milliers de personnes. Des vitrines ont été brisées avant que le service d'ordre de la manifestation ne s'interpose.

Le G8 se déroulera à Deauville (Calvados) jeudi et vendredi, avec un dispositif de sécurité exceptionnel qui va mobiliser jusqu'à 12.252 policiers, gendarmes et militaires du 25 minuit au 27 après-midi.

Source: Le Figaro

21 mai 2011

En Espagne, la « génération perdue » se révolte contre les politiques et les banquiers

Qualifiée de « génération perdue » par le Fonds monétaire international, la jeunesse espagnole montre qu’elle ne s’est pas endormie. Depuis le 15 mai, ils sont des centaines de milliers dans la rue, avec pour mot d’ordre : « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers ». Face aux mesures d’austérité, la révolte gronde...

Sur La Puerta del Sol, célèbre place de Madrid, il plane comme un parfum de révolution de jasmin. Les premiers manifestants sont arrivés dimanche 15 mai, alors que le mouvement gagnait une trentaine d’autres villes espagnoles. Lundi, à l’aube, la police a démantelé le camp. Mais le lendemain les manifestants sont revenus plus nombreux. A Madrid, mais aussi à Barcelone, Bilbao, Córdoba, Valence, Séville, Saragosse ou Grenade, des centaines de milliers de jeunes, chômeurs, migrants, retraités, travailleurs précaires sont descendus dans la rue pour réclamer une Democracia Real Ya, « une vraie démocratie, maintenant ».

Un chômage à 21%

L’impression d’être une génération sacrifiée, condamnée à la précarité perpétuelle, a poussé nombre de jeunes à occuper les rues. Avec 4,2 millions de chômeurs, l’Espagne compte aujourd’hui le taux de sans emploi le plus élevé de l’Union européenne. Soit 21 % de la population active. Chez les moins de 30 ans, ce taux avoisine les 44 %. La crise économique frappe de plein fouet la jeunesse espagnole. Au point que le Fonds monétaire international (FMI) a récemment qualifié ces jeunes de « génération perdue ». Dans les cortèges, beaucoup sont des « Mileuroista », « ceux qui gagnent 1000 euros par mois », fatigués du chômage et de la corruption des politiques. « Vous prenez l’argent, nous prenons la rue », proclame une banderole dépliée sur la Puerta del Sol.

Les slogans montrent une certaine défiance envers le gouvernement. Les manifestants veulent « que les coupables de la crise paient ». Pas question pour ces Espagnols de payer la facture d’une crise financière qui n’est pas la leur mais « celle des banquiers et des politiques », selon les organisateurs du mouvement. L’austérité mise en place par le gouvernement depuis plusieurs mois, pour réduire à toute vitesse la dette du pays conformément aux injonctions de Bruxelles et du FMI, défait un à un les filets de la protection sociale. Le gouvernement socialiste de Zapatero opère une réduction drastique des dépenses publiques : les enseignants par exemple ont vu leur salaire réduit de 5 %.

Un mouvement structuré par les réseaux sociaux

Le ras-le-bol envers la classe politique se nourrit aussi d’affaires de corruption, impliquant des hommes politiques de gauche comme de droite. Sur les pancartes, les manifestants demandent la fin des privilèges de la classe politique et l’arrêt de la privatisation du secteur public, ainsi que de vrais moyens pour lutter contre la fraude fiscale et la fuite des grandes fortunes vers les paradis fiscaux. Des élections municipales et régionales partielles se tiennent le 22 mai prochain. Une « assemblée » s’est tenue jeudi 19 mai sur la place Puerta del Sol, au cours de laquelle ont été annoncées les principales revendications. Les manifestants appellent notamment à la réforme de la loi électorale en Espagne qui façonne le paysage politique du pays, le condamnant à une hégémonie du système bipartite, entre le PSOE (sociaux-démocrates) et le Parti populaire (droite), qui a montré ses limites.

L’assemblée demande que soit accordée la priorité aux droits fondamentaux des citoyens : droits au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation citoyenne, au libre développement personnel et à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse. Le mouvement exige la comptabilisation du vote blanc, la moralisation de la vie politique à travers l’adoption d’une loi sur la responsabilité politique, l’interdiction d’inscription sur les listes électorales pour les hommes politiques poursuivis en justice, et la prohibition du financement privé des partis politiques. Le sloganDemocracia Real Ya prend tout son sens.

A la Une des journaux espagnols, le mouvement du 15 mai – surnommé « el movimiento 15-M » – a surpris. Spontané, dépourvu de signes politiques ou syndicaux, il s’est forgé dans les réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter, et a été organisé par des « citoyens anonymes ». A la source de ce mouvement, on retrouve des collectifs comme Democracia real ya - une plateforme en ligne lancée par un groupe de blogueurs et d’internautes qui a réussi à agréger en quelques mois des dizaines d’associations, Toma la Plaza (Occupons la place) et Juventud sin futuro (Jeunesse sans avenir). Le mouvement, présenté comme citoyen, participatif et démocratique par les organisateurs de la marche du 15 mai, se poursuit par l’occupation permanente de l’espace public, des places et des rues.

Vers un naufrage de la gauche de gouvernement ?

Mais à l’approche des élections locales et régionales, cette mobilisation fait l’objet de mesures d’interdiction de la part de la commission électorale, qui estime que de telles manifestations risquent « de perturber la campagne électorale et la liberté des citoyens dans leur droit de vote ». Aucun appel formel à l’abstention ou au vote blanc n’a été lancé par le mouvement du 15 mai. Même si l’une des principales revendications de ces « indignés » est la fin du bipartisme.

Alors que la société civile espagnole sort de l’apathie, la gauche, au pouvoir, se prépare à un naufrage électoral le 22 mai. Les récentes réformes du gouvernement Zapatero ont, pour de nombreux analystes, démobilisé l’électorat de gauche. La mairie de Barcelone tenue par le Parti socialiste (PSOE) pourrait être perdue au profit des nationalistes catalans de Convergence et Union (CiU). La droite conservatrice du Parti populaire (PP) est donnée grande gagnante des scrutins de dimanche. Elle pourrait l’emporter dans des fiefs socialistes, comme la région de Castille-la-Manche. Un avant-goût des législatives prévues pour mars 2012 ? Les partis de gauche tentent de reprendre à leur compte le mouvement du 15 Mai. Et c’est peut-être Izquierda Unida (Gauche unie), la coalition ancrée à gauche du PSOE, qui pourrait profiter des retombées du mouvement.

Angela Merkel demande aux Espagnols de faire « des efforts »

En Europe, on voit ce mouvement d’un très mauvais œil. A commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, qui n’a pas hésiter à railler, en termes peu amènes, « les Européens du Sud peu travailleurs », le 17 mai lors d’une manifestation de son parti : « Il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, on ne parte pas à la retraite plus tôt qu’en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c’est important ». Outre-Rhin, l’âge de la retraite a été porté à 67 ans. Et les conseillers économiques du gouvernement allemand préconisent de le fixer progressivement à 68 ou 69 ans. « Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et accepter le fait que certains aient beaucoup de vacances et d’autres très peu », a-t-elle ajouté.

Un ton et des propos qui ne devraient pas plaire à ceux qui se reconnaissent dans le Mouvement du 15 mai... Et allant à contrario des données d’Eurostat, publiées par le Wall Street Journal le 14 février, révélant que les Grecs ont la plus longue semaine de travail en Europe, avec une moyenne de 42 heures, suivis par les Espagnols et les Portugais avec 39 heures par semaine. Sans oublier l’inégalité des salaires : 2980 euros bruts en moyenne en Allemagne contre 2260 euros en Espagne.

Malgré la répression policière et les dizaines de comparutions immédiates pour « trouble de l’ordre public et atteinte aux biens publics », les sit-in persistent. Comme le conclut le manifeste du Mouvement du 15 mai : « c’est mieux de risquer et de perdre, que de perdre sans avoir risqué ».

Sophie Chapelle

Source: Basta! 

19 mai 2011

Manipulation de masse : un œil sur l’avenir de la communication politique dans les réseaux

Pour avoir cherché à démasquer le groupe Anonymous, HBGary, une société de sécurité informatique, a vu ces derniers s’emparer des archives emails de l’entreprise et les publier aux yeux de tous sur internet. HBGary, qui compte plusieurs agences fédérales ainsi que l’armée américaine parmi ses clients, a ainsi dévoilé – bien involontairement – de nombreuses informations compromettantes, dont une concernant la mise au point d’une technologie permettant à un seul opérateur d’incarner une multitude de personnages à travers différents réseaux sociaux, tels Facebook, Twitter ou MySpace.

Avec un tel logiciel, une personne pourrait ainsi simuler, à elle seule, un effet de foule, une petite équipe pourrait mettre en scène une majorité. La psycho-sociologie ayant toujours cours dans le virtuel, on imagine aisément l’intérêt d’un tel outil pour quiconque voulant influencer l’opinion (et la presse) à travers les réseaux sociaux.


Le logiciel, pour lequel l’armée américaine a passé un appel d’offre en juin dernier – lui aussi rendu public de façon fortuite -, est particulièrement sophistiqué. Il intègre des outils destinés à aider son utilisateur à incarner de façon cohérente plusieurs dizaines de personnalités différentes, des technologies destinées à rendre l’ensemble furtif en cas de surveillance électronique, ainsi qu’à automatiser une partie de la vie en ligne des différentes marionnettes ainsi opérées. Mais dans les faits, de tels logiciels, dans des versions moins sophistiquées, sont déjà en usage depuis un certain temps.

Il y a un an la version Française du blog ReadWriteWeb a eu l’occasion de faire face à ce type de technologie destinée a manipuler l’opinion publique. Suite à la publication d’un article décrivant un mode de harcèlement opéré par ce qui était identifié alors sur Facebook comme des islamistes Tunisiens, ces derniers nous prirent pour cible. Ce fut le début d’une longue enquête qui nous permit de démasquer une vaste opération de manipulation orchestrée par le gouvernement Tunisien, au cours de laquelle nous avons pu découvrir, avec le concours de cyberdissidents Tunisiens, l’existence de ces logiciels de Persona Management.

Ben Ali ne faisait pas un usage intensif de ce type de logiciel, il avait une solution bien plus radicale : une véritable petite armée numérique, forte de 500 à 1000 hommes, auxquels le RCD, le parti présidentiel, venait prêter main forte durant les périodes électorales.

La mise en scène de faux islamistes (ainsi que la manipulation ou la complicité de vrais islamistes sur Facebook) n’était en réalité qu’une petite partie d’une vaste opération de manipulation de l’opinion, orchestrée par les services de Ben Ali et sous sa supervision directe. Cette opération d’ « infowar » fut un échec. La manipulation fut révélée au grand jour, suivie de celle d’une tentative de piratage de comptes Facebook et Gmail de nombreux citoyens Tunisiens, le mois suivant. Facebook, qui devait devenir six mois plus tard l’un des outils au service de la révolution, était déjà le lieu d’une révolte depuis plusieurs années, qui venait de remporter ses premières victoires.

Un an et une révolution plus tard, c’est toujours en Tunisie que l’on trouve les infowars politiques les plus sophistiquées. Le 4 mai 2011 apparaissait sur Facebook la vidéo d’une interview de Farhat Rajhi, ex ministre du premier gouvernement post révolutionnaire de la Tunisie. L’homme, très populaire sur Facebook mais candide en politique, y faisait des révélations fracassantes. Il s’était fait connaître du grand public en détaillant à la télévision, un mois plus tôt, la façon dont son bureau ministériel s’était fait prendre d’assaut par une horde non identifiée et éméchée, aux allures de milice. L’homme avait décidé de mettre à pied, au sein du ministère de l’intérieur dont il avait la charge, les responsables de la répression de l’ère Ben Ali, ce qui n’était pas pour plaire à tout le monde. Trois jours après ces incidents, il fut d’ailleurs démis de ses fonctions, ce qui provoqua au passage un sursaut du nombre de comptes créés sur Facebook dans le pays.

La thèse exposée par Farhat Rajhi dans la vidéo qui fit son apparition sur Facebook le 4 mai au soir est simple : le gouvernement de transition préparerait un coup d’Etat militaire et n’attendrait que la victoire annoncée du parti islamique Ennhadha pour se saisir du pouvoir et imposer sa loi. Mais c’est la façon dont cet interview à été utilisée dans le cadre d’une « infowar » qui est annonciatrice d’une nouvelle ère dans la communication politique. L’entretien que Farhat Rajhi a accordé au journal en ligne Nourpress.com, jusqu’ici parfaitement inconnu, s’est déroulé sur près d’une heure et a été filmé. Pas avec un téléphone portable, mais avec une caméra professionnelle, bien visible. Il ne s’agit en aucun cas d’un piège, ce qu’a confirmé Farhat Rajhi le lendemain sur les ondes d’ExpressFM, une radio nationale très écoutée. Mais ce n’est pas le journal en ligne qui a publié cette vidéo. Cette dernière aurait été ‘volée par des pirates’ qui se seraient introduits sur les systèmes informatiques du journal (vraisemblablement par la porte d’entrée du bâtiment, avec la complicité d’une des journalistes qui a réalisé l’interview – selon un communiqué du journal en question -, et en utilisant une clé usb comme méthode d’intrusion, ceux qui s’attendaient à une histoire de hackers digne de Hollywood en sont pour leurs frais).

L’un des journalistes complices de la fuite a été immédiatement identifié – grâce aux traces qu’il a laissé un peu partout sur Facebook – comme un sympathisant d’Ennahdha, le parti islamique – et tout laisse penser qu’il est en rapport avec le mystérieux groupe qui a mis en ligne une large partie de l’interview sur Facebook. A ce stade, il est utile de préciser qu’Ennahdha ne se distingue pas seulement par ses prises de positions politiques, mais également par l’extrême professionnalisme de ses usages de Facebook. Seul parti à avoir acheté de la publicité à la régie Facebook, ses différentes pages officielles sont faites dans les règles de l’art, et sont entourées d’une myriade de pages fans ‘informatives’, présentées comme non affiliées au parti, dont les propos glissent doucement vers une approbation claire et nette de l’idéologie d’Ennahdha. De nombreuses pages fans très suivies durant la révolution auraient été achetées par le parti dans les semaines qui ont suivi le 14 janvier, lui permettant ainsi de se constituer rapidement une audience confortable afin de ‘lancer’ des alertes ou de diffuser des ‘informations’.

Selon des sources fiables, le parti, qui vient de passer commande d’une installation fibre optique reliant plus d’une vingtaine de ses bureaux, dispose d’une war room dédiée à la gestion de communautés sur Facebook, qui compte une douzaine de permanents. La publication sur Facebook des propos tenus par Farhat Rajhi, de facto, est très probablement un élément de communication dont le timing, à défaut du contenu, a été maîtrisé par l’équipe de campagne d’Ennahdha dans le but de « faire du buzz ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opération est jusqu’ici parfaitement réussie. L’intégrale de l’interview, révélée entre temps, laisse apparaître, elle, un Farhat Rajhi jouant sur les rivalités régionalistes dans des passages soigneusement élagués de l’entretient qui auraient, s’ils avaient été diffusés dès le départ, donné une saveur de vulgaire conversation de bistro aux révélations faites par l’ancien ministre. Le lendemain, alors que la publication de cette vidéo provoquait les premières manifestations violemment réprimées à Tunis, Radio Kalima, une radio internet dirigée par Sihem Ben Sedrine, figure historique de l’opposition à Ben Ali, subissait un attaque informatique l’empêchant de diffuser dans la soirée, alors qu’au même moment se propageaient des rumeurs de coups d’Etat, sourçant l’information comme provenant de Radio Kalima, bien incapable de démentir les propos qu’on lui prêtait. Le surlendemain, au milieu des photos empruntées à l’Iran ou la Syrie censées dénoncer les violences policières à Tunis, et diffusées par des pages Facebook ‘pro révolutionnaires’, ce sont deux autres radios nationales, ExpressFM et JawharaFM, qui se voyaient désigner comme sources d’une information annonçant l’arrestation de Farhat Rajhi. Une rumeur de plus, qui ajoute à une vaste stratégie de désinformation remarquablement orchestrée.

Jusqu’ici, en Tunisie tout du moins, seule l’armée numérique de Ben Ali et les officines à son service étaient capables d’une telle prouesse en termes d’infowar, c’est d’ailleurs cette armée numérique que la patronne de radio Kalima a accusé lors d’une conférence de presse « d’urgence » le 6 mai, sans imaginer un instant qu’il est probable qu’une bonne partie de ses soldats aient déserté et ne soient aujourd’hui que de simples mercenaires, et sans envisager un instant non plus que les officines occultes de désinformation sur internet aient, entre temps, renouvelé leur clientèle. L’hypothèse d’une opération menée par le parti islamiste Ennhadha est tout aussi vraisemblable, tout comme celle d’une opération commandité par une organisation instrumentalisant, une fois de plus, les islamistes, quitte à leur donner un coup de pouce. Il faut dire que le parti Islamique est, sur les réseaux sociaux, dans une mauvaise passe. Révélations sur ses finances occultes (là aussi, à travers une fuite de documents), rumeurs sur la polygamie du leader charismatique, réponse juridique violente et menaces de mort anonymes envers des administrateurs de pages Facebook ayant organisé un buzz tournant en dérision certaines initiatives en ligne du parti… Il était temps de frapper un grand coup pour faire oublier une série de contretemps.

De son coté, le premier ministre Tunisien désignait, quelques jours après les faits, le Parti Communiste des Ouvriers deTunisie, accusé de s’opposer à la tenue de l’élection de l’Assemblée Constituante, le 24 juillet 2011. Il qualifiait par ailleurs les propos de Rajhi de ‘Dangeureux’ et le disait manipulé par le POCT. La Tunisie est un cas extrême. Les média traditionnels n’y ont aucune crédibilité, et durant les années Ben Ali, l’internet y était l’un des plus censuré du monde. Facebook y a longtemps été le seul espace où l’on pouvait s’exprimer librement (sous un nom d’emprunt la plupart du temps) et trouver de l’information sur la situation du pays. Un temps tenté par la censure pure et simple de Facebook, Ben Ali opta finalement pour l’infiltration et la manipulation. Une décision qui causa sa perte, mais il pourrait en être tout autrement dans d’autres contrées. Facebook en Tunisie est un lieu important pour l’information, sans pour autant être un média, ni véritablement un distributeur. La nature des interactions qui s’y déroulent est très proche de l’essence du ‘téléphone arabe’, il s’insère d’une façon très particulière dans une culture millénaire de la transmission de l’information, et au sein d’une société qui l’a totalement adopté. La façon dont les média sociaux ont pris une importance considérable en Tunisie tient aussi au fait qu’avec un âge médian de moins de trente ans, la population est jeune et très éduquée. Le pays est parsemé d’universités, et le taux de pénétration d’internet y est le plus élevé du continent africain.

Les compétences susceptibles d’orchestrer et d’exécuter de telles « infowars » ne manquent pas en Tunisie, formées au sein de l’armée numérique de Ben Ali, chez un sous traitant ou au sein du parti gouvernemental. Accessoirement, tout ce petit monde parle français, ce qui, au vu de la proximité qu’entretenait le régime de Ben Ali avec le gouvernement Français, particulièrement préoccupé ces dernières années par sa mission civilisatrice de l’internet, laisse craindre le pire. Récemment, c’est Vincent Glad, journaliste chez Slate, qui mettait à jour un stratagème de communication utilisé sur Twitter par l’équipe de communication du ministre Français des NTIC, Eric Besson, et un personnage fictif, @fierdefrance, mis en place depuis quelques temps et avec lequel il mettait en scène un échange purement imaginaire destiné à relancer le « buzz » politique qui a fait suite à la publication d’une photo de Dominique Strauss Khan montant au volant d’une Porshe. Gouvernements, partis politiques, entreprises et lobbies, le marché qui s’ouvre à ce type de compétences est vaste. La mise au point de logiciels sophistiqués de Persona Management annonce le début d’une ère semi industrielle de l’infowar et la floraison d’officine occultes – certaines étant déjà en service depuis des années.

Attaquer un adversaire politique, déstabiliser un gouvernement, faire taire une information gênante pour la conduite des affaires ou déstabiliser le cours de bourse d’un concurrent à l’occasion d’une OPA : de quoi intéresser beaucoup de monde.

Source: reflets

Publicité
18 mai 2011

MADRID - Espagne: rassemblement interdit à Madrid, où la mobilisation se poursuit

MADRID - Plus d'un millier de manifestants, criant leur colère contre la classe politique, le chômage et les retombées de la crise, se sont de nouveau rassemblés mercredi soir à la Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, défiant une interdiction des autorités locales.

Aux cris de "nous avons le droit de nous indigner", les manifestants, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, ont envahi depuis le début le début de la semaine les rues des grandes villes d'Espagne dans l'espoir de faire entendre leur voix avant les élections locales de dimanche.

"Vous prenez l'argent, nous prenons la rue", proclamait l'une des banderoles dépliées à la Puerta del Sol, lieu de rassemblement emblématique au coeur de Madrid, où plus d'un millier de personnes manifestaient mercredi soir en dépit d'une interdiction des autorités.

"Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir", assurait une autre banderole accrochée à l'entrée du métro.

La commission électorale a interdit ce rassemblement en estimant qu'il risquait "de perturber la campagne électorale et la liberté des citoyens dans leur droit de vote".

"Nous avons l'intention de rester ici jusqu'aux élections" de dimanche, a rétorqué Juan Rubio, un porte-parole de ce mouvement hétéroclite, rassemblant beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de toutes origines, chômeurs, fonctionnaires ou retraités, qui réclamant "une vraie démocratie, maintenant".

"S'ils nous délogent, nous allons nous asseoir, tout se fera de façon pacifique, et s'ils nous délogent définitivement, nous reviendrons demain", a promis Juan Rubio.

Une quinzaine de voitures de la police anti-émeutes avaient pris position autour de la place.

Après une manifestation de plus d'un millier de personnes mardi soir, des centaines de jeunes étaient restés pendant la nuit à la Puerta del Sol, dont l'occupation s'est poursuivie mercredi.

"J'espère que cela servira à quelque chose. Ce qui me réjouit le plus c'est de voir des gens de la jeune génération, qui effacent l'idée selon laquelle la jeunesse espagnole ne sait que faire la fête", assurait Salvador Guerrero, stagiaire non rémunéré de 28 ans, qui vit avec sa grand-mère, sur une pension de 600 euros par mois pour tous les deux.

Des manifestations semblables ont été organisées dans toutes les grandes villes d'Espagne, et d'autres rassemblements interdits mercredi soir notamment à Séville et Grenade, dans le sud.

Les manifestants défendent des revendications très disparates, parfois confuses et dénoncent le système politique dominé par deux grands partis, socialiste et conservateur, la "corruption", et réclament plus de justice sociale.

Mais dans un pays peu habitué des manifestations de masse, tous expriment une immense lassitude face aux retombées de la crise et au chômage, qui a continué à grimper au premier trimestre pour atteindre un taux record de 21,19%.

En février, 44,6% des moins de 25 ans étaient sans emploi.

Le mouvement, spontané, a surpris les politiques en pleine campagne pour les élections, qui devraient selon tous les sondages se solder par une déroute des socialistes au pouvoir, lourdement sanctionnés pour leur politique d'austérité anti-crise, face à la droite conservatrice du Parti Populaire.

"Je comprends que ces choses arrivent", assurait mercredi le chef du PP, Mariano Rajoy, en qualifiant de "terrible" le nombre de jeunes "qui veulent travailler et ne peuvent pas".

Mal à l'aise, les socialistes ont peu réagi mais la ministre des Affaires étrangères Trinidad Jimenez assurait mercredi qu'il est "sain" pour la démocratie que les citoyens s'expriment dans la rue, et que les politiques doivent tenter de "répondre à ce malaise".

 © 2011 AFP
Source: 20 minutes 
18 mai 2011

Internet contre le G8 : « Aidez-nous à garder Internet libre »

Aux armes, citoyens du Net ! « Nous vivons un tournant dans la toute jeune histoire du web : à partir d’aujourd’hui, le réseau peut devenir un outil bénéfique pour nos sociétés, vecteur d’éducation et de culture, ou prendre le chemin totalitaire de la surveillance et du contrôle. » Ce n’est pas le scénario catastrophe d’un roman de science-fiction pour adolescents, mais l’expression d’une réelle inquiétude ressentie par un nombre croissant d’internautes, de collectifs et d’associations observant les projets de régulation de la Toile.

Ils s’appellent Quadrature du Net (en France), Institute of Network Cultures (aux Pays-Bas), Digitale Gesellschaft (en Allemagne), Boing Boing (site anglophone), Free Art and Technology (de partout)... La liste s’agrandit d’heure en heure. Et ils lancent aujourd’hui un appel à contributions avant la tenue très prochaine d’un « G8 de l’Internet » à Paris.

Tous les internautes sensibles au climat politique actuel autour du Net, ce vil« far-west » que les puissants veulent « civiliser » à coup d’Hadopi, d’Acta, d’Ipred, de Loppsi mais aussi de surveillance et de censure, ailleurs dans le monde, sont invités à se manifester sur g8internet.com ou y suivre l’actualité des e-rebelles. Pour l’instant, seul un vibrant appel — en cours de traduction — est lisible :

Hôte de ce G8, le président de la République française Nicolas Sarkozy veut mettre en place un contrôle centralisé de l’Internet. Il a convié les dirigeants étrangers à ce sommet pour évoquer avec eux l’« Internet civilisé », un concept qu’il a emprunté au gouvernement chinois. En jouant sur des peurs telles que celle du « cyber-terrorisme », leur objectif est de généraliser des règles d’exception pour établir un état de censure et de contrôle, sabotant au passage la liberté d’expression et les libertés civiles.

Le texte est publié sous licence Creative Commons BY SA, qui autorise sa libre circulation à condition que l’auteur (« G8 vs INTERNET ») soit cité.« Aidez-nous à protéger nos droits et à garder un Internet libre, appelent-ils,par tous les moyens de communication que nous avons à disposition. » Il s’agit d’abord de recruter de nouveaux acteurs, militants, artistes, pour signer et relayer l’appel, mais aussi de créer toute forme de contenu numérique ou non et d’en envoyer une copie au collectif pour publication sur leur site.

On suivra la mobilisation de près.

source: Ecrans

15 mai 2011

Paroles de hacker : « La révolte des hackers pourrait bien être la révolution planétaire du XXIème siècle »

Depuis quelques mois (fin 2009 exactement), une série d’attaques informatiques relativement ciblées mais néanmoins de grande envergure ont été menées. 

Pour la plupart, ces attaques étaient d’un niveau de sophistication assez élevé et en cela, elles tranchent nettement avec les attaques antérieures. Elles ont visé des Etats (Estonie, Zimbabwe, Iran, France…) des organismes supranationaux (OTAN, Communauté Européenne, organisation du G-20…), des sociétés importantes (Siemens, Maersk, MasterCard…) pour certaines d’entre elles travaillant dans le domaine des hautes technologies liées à la sécurité (RSA Labs, HB Gary, RealTek, Comodo…). 

L’analyse de ces attaques – sur le plan non seulement technique mais également opérationnel et informationnel – montre que l’origine et la piste chinoises souvent invoquées est de moins en moins crédible. Si la Chine reste une puissance de poids dans le domaine des attaques informatiques – mais ce n’est pas la seule - le principe selon lequel « on ne prête qu’aux riches » est de plus en plus difficile à défendre. 

Il est même à craindre que ce soit un paravent et un écran de fumée pratiques derrière lesquels la plupart de ces actions sont très probablement menées. Il est important de rappeler, qu’une adresse IP n’est nullement caractéristique d’un lieu, d’un être humain et qu’un serveur en Chine peut être lui-même attaqué pour couvrir les traces d’un attaquant – il est même possible de louer des serveurs en Chine pour mener ces attaques.

"INTERNATIONALE HACKER"
Pour l’auteur de ce billet, l’origine de ces attaques est probablement d’une autre nature : celle d’une « internationale hacker » qui se met progressivement en place. Cette conviction vient de sa propre expérience dans le monde hacker – il publie dans les conférences de hacking - l’étude fine de ce monde, l’analyse de certaines attaques, de son expérience militaire et des faits et conclusion opérationnels eux-mêmes. 

Il est tout d’abord essentiel de rappeler ce que le terme de « hacker » recouvre. Contrairement à l’idée reçue et malheureusement véhiculée – surtout en Europe – ce terme ne désigne en aucun cas une personne dotée de mauvaises intentions, contrairement au pirate informatique. Le terme de hacker désigne toute personne capable d’analyser en profondeur un système – que ce système soit technique comme un ordinateur ou un téléphone, mais également humain, social, législatif – de sorte à en comprendre les mécanismes les plus intimes, en privilégiant le résultat sur la méthode (contrairement souvent à l’approche académique). 

Un hacker, par définition, n’hésite pas à s’écarter de toute forme d’orthodoxie en particulier technique et scientifique pour parvenir à ses fins. C’est principalement ce trait de caractère – généralement couplé à un certain anticonformisme, un soupçon d’autisme et d’esprit quelquefois perçu, à tort, comme asocial – qui dans l’opinion générale fait du hacker une personne peu recommandable. C’est une profonde méconnaissance de ce qu’est le mouvement et l’esprit hacker.

Cette méconnaissance est toutefois à moduler selon les pays et les cultures. Le monde anglo-saxon, contrairement au monde latin, a toujours manifesté un intérêt pragmatique vis-à-vis des hackers. C’est également le cas de l’Allemagne qui a depuis les années 80 à su intelligemment s’appuyer sur la communauté des hackers allemands

Dans les pays comme la France, la réponse au phénomène hacker a été la célèbre loi Godfrain, devenue plus tard l’article 323 du Code Pénal, agrémenté depuis 2003 de nombreux autres textes, tous aussi subtilement inappropriés ayant pour nom LSQLCEN… Cela explique en grande partie pourquoi un pays comme la France a actuellement un retard catastrophique que l’on peut évaluer à au moins 20 ans (par exemple par rapport à l’Allemagne).

Ainsi en France, il n’y a pas de mouvement hacker digne de ce nom – à part l’historique mais très actif/tmp/lab et quelques résurgences ici et là du groupe 2600. Ce n’est que très récemment (depuis 2009) et encore timidement que la France voit l’organisation de conférences de hacking comme iAWACS, HES, HIP… mais avec une certaine prudence car on ne sait jamais comment l’article 323 du Code Pénal sera appliqué au final. 

A l’étranger les plus grandes conférences de hacking – comme les plus petites, et le terme n’est pas péjoratif -- sont sponsorisées par les très grosses sociétés de logiciels ou de services (Google,MicrosoftOracle…) mais quelquefois avec le soutien des Etats (par exemple la célèbre conférenceHack.lu au Luxembourg). Elles sont tout autant fréquentées majoritairement par les services gouvernementaux et les industriels/sociétés. 

C’est la preuve – s’il en fallait une – que les évolutions majeures se font dans ces conférences et nulle part ailleurs. Phénomène d’ailleurs significatif, depuis 4 ans les avancées majeures en matière de cryptanalyse ne sont plus publiées dans les conférences académiques mais dans les conférences de hacking et en particulier lors de la conférence du CCC (Chaos Computer Club) à Berlin.

OU TROUVE-T-ON DES HACKERS ? Principalement dans toutes les grandes sociétés de la planète. Chez Google, Microsoft, Apple, RIM... il y a des pools de hackers (senior, junior…) qui évaluent la sécurité des produits de ces sociétés – et quelquefois celle des produits de leurs concurrents. Beaucoup sont français (on peut estimer que près de 20 % des meilleurs hackers mondiaux le sont). Ces hackers sont très bien payés mais surtout ont accès à tous les sanctuaires en matière de technologie et de connaissances. Ce sont, de ce point de vue, les gardiens de tous nos temples technologiques.

Voici donc le décor que nous avions jusqu’à la fin 2009. Mais l’affaire Wikileaks a changé la donne, non pas en elle-même, mais elle a été seulement le catalyseur d’une réaction en préparation. On peut affirmer que le monde hacker, malgré son morcellement extrême, est en passe de se doter d’une véritable conscience politique. 

POLITIS
Cela est probablement dû à une crise économique internationale sans précédent, qui n’en finit pas, sur fond d’une montée généralisée des politiques ultra-sécuritaires dans tous les pays du G20, de clivage sociaux et sociétaux de plus en plus durs… bref d’une situation où cette conscience politique ne peut que prendre des allures de résistance, au sens premier du terme. 

Les corps politiques, sous la pression de plus en plus grande d’intérêts économiques divers, dirigent des Etats, les façonnent, au mépris des citoyens, et utilisent pour cela une technologie qu’ils ne comprennent pas mais dont ils sont devenus totalement dépendants. 

Or les hackers non seulement comprennent la technologie mais ils la maitrisent, là aussi au sens premier du terme. Et cette situation est une véritable provocation doublée d’une injustice aux yeux des hackers.C’est la version moderne du monde de Metropolis de Fritz Lang. 

Il a fallu – non seulement en France mais dans les pays occidentaux – des projets comme HADOPI, LOPSSI, les projets de contrôle d’Internet… pour faire naitre cette conscience politique. Le dévoiement de la technologie informatique pour surveiller et contrôler les citoyens, protéger les intérêts de multinationales, tout cela a fait monter la pression. Wikileaks est arrivée et a tout précipité. Les hackers ne supportent plus que la technologie informatique devienne « le cache-sexe de la stupidité et l’ignorance crasse des élites dirigeantes des pays occidentaux » (sic). De cela est né des mouvements comme celui, très emblématique, des Anonymous et avant eux des Antisec et autres (même si leur motivations sont quelque peu différentes).

Le choix du personnage historique de Guy Fawkes – principal instigateur de la conspiration des poudres du 5 novembre 1605, mis en scène de manière quasi prophétique par les mêmes réalisateurs que le film Matrix, autre film culte du monde hacker – est emblématique. Ce n’est pas un hasard s’il a été choisi par le mouvement des Anonymous. Il résume à lui seul la conscience politique qui est train de prendre forme dans le monde hacker.

Quelle est cette conscience ? Elle ne propose malheureusement rien. Entre un alter mondialisme numérique et un mouvement de résistance contre « l’oppression et les dictatures numériques », aucune proposition de société alternative n’est proposée. Du moins à ce jour. Mais le but est-il de remettre en question l’existence même des Etats. Assurément non ! 

Les hackers envoient juste des messages forts : « nous vous surveillons et nous vous mènerons la vie dure si vous nous oubliez et si vous oubliez vos devoirs envers nous ». Ce qui est résumé dans le motto des Anonymous : “We are anonymous - We are legion- We do not forgive - We do not forget - Expect us (nous sommes anonymes, nous sommes légion, nous ne pardonnons ni n’oublions, attendez nous) ». 

LA CONSCIENCE DU HACKER
Le hacker finalement – au travers de ce qui est perçu comme sa contre-culture – veut maintenir un équilibre qui est en passe d’être rompu, un équilibre entre les droits des individus et le besoin des Etats et ce contre la volonté d’intérêts économiques de dévoyer les principes fondamentaux de ces Etats à leur profit.

Cette conscience s’articule autour de deux principes fondamentaux :
 « Le véritable maitre d’une chose est celui qui peut la détruire » (célèbre phrase de Frank Herbert). Les attaques informatiques récentes de ce point de vue sont un message aux corps politiques : vous ne contrôlez rien car nous pouvons tout détruire.
 La raison du plus fort est toujours la meilleure. Principe hélas à la base de nos propres sociétés et équilibres géostratégiques (connue également sous la variante « seule la victoire est belle »).

Ce qui est maintenant clair et doit être une certitude, c’est que les hackers ont toutes les clefs et tous les pouvoirs entre les mains. Ils sont capables de remettre en question les modèles sociétaux actuels. Ce qu’ont montré les affaires Wikileaks et plus gravement les attaques contre le G20 et HB Gary Federal, c’est qu’aucun sanctuaire n’est hors de portée. Il y a fort à parier qu’il existe d’autres attaques que les Etats occidentaux n’ont pas préféré rendre publiques et qui sont probablement tout aussi graves.

A quoi faut-il nous préparer, et ce à moyen terme ? Deux aspects principaux sont à considérer :

 Le monde hacker est capable de remettre en question – chose constatée dans les dernières conférences de hacking entre autres choses – la plupart des mécanismes de sécurité actuels, en particulier ceux fondée sur une vision purement académique. 

Un chiffrement de 256 bits est sans utilité face à un hacker capable de piloter un virus qui va modifier l’environnement informatique pour contrôler d’une manière ou une autre le chiffrement. Il est prévisible même que certaines « croyances de sécurité » (rappelons que beaucoup de mécanismes de sécurité reposent sur des suppositions mathématiques qui n’ont jamais été démontrées) tombent en pratique dans les prochaines années, telles la signature électronique. Même le sacro-saint chiffrement quantique a été mis en défaut en pratique par une approche de type hacker.

 La science et la technologie officielles (celles des milieux académiques) progressent lentement, selon un mouvement continu. Tout est prévisible voire sous contrôle, n’en déplaise aux universitaires qui croient encore que la recherche scientifique puisse être, encore de nos jours, indépendante. En revanche l’activité scientifique – plus expérimentale – et technique des hackers fonctionne par soubresaut et peut être brutale. Elle échappe à tout contrôle car elle est le fait d’individus ou de petits groupes d’individus, là où la science officielle tend à fonctionner dans de grands programmes mobilisant de grosses équipes – effets pervers des labellisations dictées par la dictature du classement de Shanghai. C’est cet aspect erratique, violent, incontrôlable de la production hacker qui fait peur aux Etats… et qu’il est impossible de contrôler.

Que conclure de tout cela ? Il est désormais évident qu’il faut se préparer à d’autres attaques graves touchant aux fondements de la sécurité sur lesquels repose désormais la stabilité de nos Etats et de nos sociétés. Ces attaques ciblées contre ces mêmes Etats et sociétés vont se multiplier. C’est inévitable même si cela n’est pas souhaitable. Il n’est pas possible de laisser la technologie de l’information envahir nos vies et sociétés tout en maintenant à l’écart du débat les seuls acteurs qui sont capables de véritablement comprendre, maitriser et contrôler cette technologie (et qui sont à l’origine de cette technologie). Leur dénier ce droit de participer au débat concernant le visage futur de nos sociétés est le plus grand risque que nous puissions concevoir. 

La révolte du prolétariat au 20ème siècle sur le capital a plongé le monde dans les affres du communisme. Celle des hackers contre des politiques et des décideurs aveugles et sourds et qui néanmoins jouent avec une technologie qu’ils ne contrôlent pas, pourrait bien être la révolution planétaire du XXIème siècle. Et quoi qu’on en dise, les révolutions n’ont jamais rien apporté de bon sur le moyen et long terme.

ERIC FILIOL

Source: Les echos 

10 mai 2011

Pirate Bay déclare la guerre à un projet européen de censure du Net

WEB - Selon le site peer-to-peer, c'est sûr, une «guerre des Internets» se prépare...

Internaute, choisis ton camp. PirateBay, la Némésis de Pascal Nègre et d'Hollywood, a lancé un appel, mardi, pour défendre un Internet libre et non censuré. Détournant une lettre de Winston Churchill, le site bitTorrent avertit: «Une guerre des Internets se prépare.»

L'Internet libre est-il en danger? Le débat, c'est ci-dessous.

PirateBay fait référence à un embryon de projet d'un groupe de députés européens cherchant à créer «une frontière de Schengen virtuelle.» Lors d'une réunion tenue en toute discrétion en février dernier, le Law Enforcement Working Party (LEWP) a brossé les bases d'une liste noire visant à bloquer «les sites illicites» (PDF).

PirateBay voit dans cette proposition le succès du travail de sape des lobbies américains du disque et du cinéma (MAFIAA), déjà amorcé lors du procès PirateBay. «De cette bataille dépend la survit des civilisations libres», conclut PirateBay.

 P.B.
Source : 20 minutes
8 mai 2011

L’Egypte et la Tunisie apprennent à réclamer leurs fonds

La Tunisie et l’Egypte ne semblent pas pressées de recouvrer les fonds bloqués en Suisse. La bureaucratie suisse n’y est pas pour rien, mais les gouvernements transitoires de ces pays sont aussi responsables des lenteurs.


Après les révolutions en Tunisie et en Egypte, la Suisse a rapidement bloqué les fonds liés aux anciens dictateurs Zine el-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak, ainsi qu'à leur entourage. Le Conseil fédéral en a décidé ainsi en janvier et février.
 
Les nouveaux gouvernements de ces deux pays ont déposé des demandes officielles en Suisse pour démarrer le processus de recouvrement des fonds, mais ces requêtes ont été rejetées parce qu’elles comportaient des lacunes.
 
Les autorités suisses ont envoyé, par câble diplomatique, la liste des éléments dont elles ont besoin et qui prouveront que les dictateurs ont commis des actes criminels. Elles ont dépêché des conseillers pour aider les deux pays à formuler correctement leurs requêtes.
 
Concrètement, l’Egypte et la Tunisie doivent fournir des exemples d’abus de pouvoir, d’appropriation de fonds publics et de transfert sur des comptes bancaires suisses. Elles doivent aussi livrer les numéros de comptes et les détails des cartes de crédit utilisées.
 
Tous ces éléments représentent un «mur de bureaucratie impénétrable» pour ces pays, critique Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches pour le monde arabe et méditerranéen, basé à Genève. «La Suisse demande à l’Egypte des documents impossibles à rassembler pour démarrer le processus» de recouvrement des fonds. Il en va de même pour la Tunisie, explique-t-il.


Procédures «raisonnables»

Ridha Ajmi, un avocat basé à Fribourg qui a lancé les procédures de blocage au nom de l’association «Arabic Transparency Organisation», n’est pas du même avis. Selon lui, les requêtes suisses sont raisonnables et répondent aux exigences de la loi. Or la loi est, en soi, un terrain inconnu pour ces deux nations.
 
«La Tunisie n’était pas un Etat de droit, pas plus que l’Egypte, explique-t-il. Il s’agissait de régimes dictatoriaux. Les deux pays ne connaissent pas l’esprit du respect des procédures. Nous devons les aider à fonctionner de cette manière. Devoir remplir les critères demandés par la Suisse représente un bon exercice», explique Ridha Ajmi.
 
Au Département fédéral suisse de justice et police (DFJP), on explique que ces procédures ont pour but d’empêcher que les fonds ne tombent en des mains illégitimes.  
 
Mais, Ridha Ajmi reconnaît que les démarches traînent en longueur. «Les autorités tunisiennes prennent leur temps. Il y a un manque de volonté politique. La situation est nettement meilleure en Egypte, mais ce n’est pas suffisant.»
 
Tant la Tunisie que l’Egypte sont actuellement dirigées par les armées, des armées autrefois intimement liées aux dictateurs. Elles ne sont pas pressées de régler le problème des fonds bloqués. «Elles ne sont également pas particulièrement enclines à se préoccuper de l’opinion publique», précise Ridha Ajmi.


Faire pression

Pourtant, la pression publique pourrait pousser les nouvelles autorités à accélérer le processus de recouvrement. Or cette pression est restée faible jusqu’ici. «La population n’est pas bien informée sur ces questions et les autorités ont d’autres priorités», souligne Ridha Ajmi. «Elles ont de nombreux problèmes à régler, mais on ne peut pas nier qu’elles profitent aussi de la situation.»
 
«Nous devons renforcer le poids de l’opinion publique pour accroître la pression», conclut Ridha Ajmi. Les élections à venir devraient également permettre de faire avancer les procédures, car les élus devront répondre à leurs électeurs.


Formation

 
Dans l’intervalle, les experts juridiques envoyés par la Suisse pour «aider les deux pays à prouver que les fonds gelés sont bien d’origine criminelle» ont déjà travaillé à Tunis et se rendront bientôt au Caire, explique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
 
«Les experts expliquent en particulier aux juges et aux fonctionnaires travaillant sur ces dossiers comment il faut faire, quels éléments permettent de faire avancer la procédure et ils les forment à ce travail spécifique», précise Ridha Ajmi.
 
De telles délégations d’experts ont déjà été envoyées par le passé au Nigéria et en République démocratique du Congo. Le DFAE note que cette assistance est efficace lorsqu’elle rencontre une véritable «volonté politique» de récupérer les fonds bloqués de la part des Etats concernés. «Lorsque cette volonté est absente, l’aide ne fonctionne pas», comme dans le cas des fonds de Mobutu Sese Seko: en 2009, la Suisse a dû reverser 6,7 millions de dollars aux héritiers du dictateur.


Jessica Dacey (avec la collaboration de Frédéric Burnand), swissinfo.ch
Traduction de l'anglais: Ariane Gigon

 

Source : Swissinfo

Publicité
1 2 > >>
Police Politique
Publicité
Publicité